Qualité de finition en Ligue 1 : analyse collective (mi-saison)
Après avoir analysé la qualité de finition à l’échelle individuelle, il est pertinent de changer de focale et d’observer ces mêmes mécanismes au niveau collectif.
À l’échelle d’une équipe, la chaîne xG → xGot → but ne renseigne plus seulement sur l’exécution d’un joueur, mais sur la capacité globale à transformer les occasions en frappes réellement dangereuses.
L’objectif n’est donc pas d’évaluer la production offensive brute, mais d’identifier les équipes capables d’améliorer — ou au contraire de dégrader — la valeur de leurs occasions au moment de la frappe.
À l’échelle collective, l’analyse intègre cette fois l’ensemble des tirs, penalties inclus, afin de refléter la production offensive réelle des équipes.
Les indicateurs et méthodologies mobilisés sont identiques à ceux présentés dans l’analyse de la qualité de finition au niveau individuel.

Ce graphique classe les équipes de Ligue 1 selon leur performance de finition collective, mesurée via un score de finition qui tient compte des Expected Goals (xG) et des Expected Goals on Target (xGot) :
Il ne renseigne donc ni sur le volume d’occasions, ni directement sur le nombre de buts, mais sur la capacité d’une équipe à améliorer (ou dégrader) la valeur de ses occasions au moment de la frappe.
La distribution est très asymétrique :
. quelques équipes se détachent nettement du côté positif,
. tandis qu’un groupe important affiche une sous-performance post-tir marquée, parfois extrême.
Les équipes qui surperforment
. Paris Saint-Germain et Lyon : exécution collective d’élite
Le PSG et Lyon dominent clairement le classement. À qualité d’occasions comparable, ces deux équipes génèrent des frappes significativement plus dangereuses que l’attendu. Dans les deux cas, la finition apparaît comme un signal structurel, peu dépendant d’un joueur isolé.
. Rennes et Lens : profils solides, sans excès
Rennes et Lens affichent également un score positif, mais plus modéré.
Leur finition collective est globalement cohérente : elles transforment correctement leurs occasions en tirs dangereux, sans sur-optimisation particulière.
Les équipes en difficulté post-tir
. Lille, Marseille, Le Havre, Auxerre, Lorient
Ces équipes affichent une dégradation nette de la valeur de leurs occasions au moment de la frappe.
Dans ces cas, même avec un xG correct, la probabilité de marquer reste limitée par la qualité d’exécution collective.
. Monaco : un cas extrême
Monaco se détache nettement comme la pire équipe du graphique. Malgré un volume d’occasions élevé à mi-saison, la dégradation post-tir est massive.
Cela suggère une fragilité structurelle de la finition collective, difficilement explicable par la seule variance. À ce niveau d’écart, il ne s’agit plus d’un problème conjoncturel, mais d’un signal fort sur la qualité de l’exécution offensive.
À l’échelle collective, la finition apparaît comme un facteur discriminant, avec des écarts marqués entre équipes. Certaines équipes améliorent sensiblement la valeur de leurs occasions, tandis que d’autres la dégradent fortement.

L’intérêt principal de ce tableau n’est pas de classer les équipes, mais de réconcilier le processus offensif avec l’issue finale.
Équipes où processus et résultat sont alignés
. Paris Saint-Germain
Le PSG présente un profil très cohérent sur l’ensemble de la chaîne.
La qualité de finition est fortement positive (+3,78), le xGot dépasse nettement le xG, et l’impact gardien & CSC est également favorable (+1,74). Le total de buts (37) apparaît ainsi comme une conséquence logique d’un processus offensif de très haut niveau, et non comme une sur-réalisation fragile.
Il s’agit d’un profil offensif structurellement dominant, peu dépendant d’un facteur isolé.
. Stade Rennais
Rennes affiche un schéma similaire, à une échelle moindre.
La finition est positive (+1,45), l’impact gardien est modérément favorable, et le total de buts est cohérent avec la dangerosité produite. L’attaque rennaise repose sur une exécution collective solide, sans signal extrême dans un sens ou dans l’autre.
Équipes dont le total de buts est largement porté par l’issue finale
. Marseille et Lille
Ces deux équipes constituent des cas très instructifs :
. Marseille : finition collective négative (−2,62), mais impact gardien & CSC extrêmement positif (+7,07).
. Lille : même logique, avec une finition négative (−1,92) compensée par un impact gardien très favorable (+4,54).
Dans les deux cas, le nombre de buts marqués est élevé, mais il repose davantage sur la réussite à l’étape finale que sur la qualité intrinsèque des frappes. Le processus offensif est donc moins robuste que ne le suggère le bilan comptable.
Ces profils sont exposés à une régression si la réussite se normalise.
Équipes sous-récompensées malgré une bonne exécution
. Lyon
Lyon est le cas inverse le plus marqué du tableau.
La qualité de finition est très élevée (+3,32), et le xGOT dépasse largement le xG. Pourtant, l’impact gardien & CSC est fortement négatif (−6,98), ce qui limite le total de buts à 25.
Cela suggère une attaque capable de produire des frappes de grande qualité, mais insuffisamment récompensée jusqu’ici. Le signal est clairement favorable à une amélioration future sans changement majeur du processus.
. Lens
Lens présente un profil comparable, bien que moins extrême.
La finition est positive (+1,56), mais l’impact gardien est négatif (−3,52). Le total de buts reste correct, mais inférieur à ce que la qualité de frappe laisserait attendre.
Équipe à fragilité structurelle d’exécution
. Monaco
Monaco constitue le signal d’alerte le plus fort du tableau.
Malgré un xG très élevé (32,84), la dégradation post-tir est massive (−6,43). L’impact gardien est légèrement positif, mais insuffisant pour masquer une faiblesse structurelle de l’exécution offensive.
Ici, le problème ne se situe ni dans la création, ni dans la variance, mais bien dans la capacité à transformer les occasions en frappes réellement dangereuses.
Ce tableau suggère que :
. certaines équipes (Lyon, Lens) disposent d’un potentiel offensif supérieur à ce que leur total de buts indique ;
. d’autres (Marseille, Lille) pourraient voir leur efficacité offensive se normaliser si la réussite baisse ;
. certaines (notamment Monaco) doivent impérativement corriger la qualité de l’exécution pour espérer une progression durable.
Pris conjointement avec le graphique de finition collective, ce tableau offre une lecture beaucoup plus fine et prédictive de la performance offensive que les statistiques traditionnelles.
L’analyse conjointe du score de finition collective et de la décomposition xG → xGOT → but met en évidence des réalités offensives très différentes derrière des totaux de buts parfois similaires.
À l’échelle des équipes, la finition apparaît comme un signal structurel, révélateur de la capacité collective à transformer des occasions en frappes réellement dangereuses, au-delà du simple volume ou de la réussite ponctuelle.
Elle distingue des processus offensifs robustes de productions fortement dépendantes de la variance.
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